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Frank Margerin
Titre
Nous sommes le Mercredi 29 Mars
Interview de Frank Margerin par Old Trafford
Sur l'univers du rock et la musique en général ...
Qu'est ce qui t'a fait aimer le rock ?

Oula, ça va pas être facile ! ! Il y a des choses qu'on ne commande pas. Quand tu as un coup de cœur, que quelque chose te prend tout de suite aux tripes, tu réagis de façon un peu animale.
A l'époque, la musique des parents n'avait rien à voir avec celle des enfants. Comme beaucoup de gens, ça n'a rien d'original, ça a été pour moi une façon de m'affirmer et de me sentir différent et de provoquer un peu. Le rock c'était aussi une façon d'être rebelles, on ne voulait pas rentrer dans le moule, on voulait limite tout casser et ça, ça me plaisait bien.


Tu as découvert le rock avec quels groupes ou quels chanteurs ?

Si je veux être honnête, je vais dire que j'ai découvert le rock à travers les chanteurs français, ce qu'on appelait les yé-yé. Donc les premiers rock pour moi c'était Johnny Hallyday, les Chats Sauvages, les Chaussettes Noires, à travers des reprises. Le vrai rock original je l'ai découvert beaucoup plus tard.

Comment définirais-tu " l'esprit rock " ?

Ca c'est des mots ! Ca peut être assimilé à une certaine philosophie de la vie. Etre rock, je crois que c'est être un petit peu rebelle, un peu marginal avec le sentiment qu'on n'est pas des moutons, qu'on est des gens qui avons décidé nous-mêmes de notre vie, même si c'est un peu faux parce qu'on est tous plus ou moins piégés par le système. Disons qu'on essaie de se prouver ou de croire qu'on est différent et qu'on nous la fera pas !

Pourquoi avoir choisi un rocker comme personnage principal de tes BD ?

En fait, c'est un peu par hasard. Quand Philippe Manoeuvre est arrivé à Métal Hurlant, Métal Hurlant était un journal de Science Fiction. Manœuvre, lui, débarquait de l'école Rock'N'Folk, il était toujours habillé en perfecto, c'était le rocker pur et dur. Donc quand il y a eu un numéro spécial à thème à créer, il a pensé au thème du rock. J'ai eu l'idée de raconter une répet' comme on faisait, avec des personnages un peu connotés années 60, un peu rétro et Lucien a été créé comme ça par hasard. J'ai eu un gros coup de bol en créant sa coiffure, la banane un peu cartoonisée, c'était une coiffure qui n'existait pas et qui a pendant longtemps donné l'image du rocker.

Les histoires dans Lucien sont directement tirées de ton expérience personnelle ?

Avec Lucien, c'est la première fois que j'ai raconté des choses vécues. Du coup j'ai mis des copains : Ricky c'est un copain, Gillou c'est mon frère, j'ai fait des clins d'œil à des potes en mettant des choses prises dans mon vécu. Ca m'a paru beaucoup plus rigolo à faire.

Comme dans " Radio Lucien" par exemple ?

J'ai eu la chance d'arriver à avoir une petite notoriété au moment de l'explosion des radios libres, donc j'étais invité assez souvent dans les émissions. C'était très drôle parce qu'on était dans des appartements, c'était même pas des studios, avec des câbles qui sortaient par les fenêtres, le téléphone sur la table qui pouvait sonner en plein milieu de l'interview, il n'y avait pas de standard et c'était le mec qui faisait l'interview qui décrochait en même temps, un vrai bordel ! Il n'y avait que des conneries comme ça : le disque était rayé, le larsen qui résonne, tout se casse la gueule, je me suis dit il faut absolument que tu raconte ça ! Je suis vraiment très content d'avoir connu cette époque, parce que ce sont des trucs qui ont disparus maintenant, on ne peut même pas imaginer que ça ait pu arriver.

Tu as traversé un peu toutes les périodes du rock, qu'est ce qui t'a le plus marqué sur l'évolution des mentalités ?

Je suis un vieux dinosaure c'est ça ! ! ! ! !(rires) C'est vrai que dans les années 70, j'étais très marqué par le mouvement hippie, baba cool, où on avait une espèce de rejet de tout ce qui était pognon, arrivisme et où on voulait revenir un peu à l'essentiel des valeurs de la vie, c'est à dire faire la fête, s'amuser, prendre du plaisir, la nature. C'était un peu le contraire de ce qui se passe maintenant avec la recherche du pognon à tout prix.
A l'époque, les mentalités tendaient plutôt vers ça, la non-violence ; plus t'avais l'air crado, plus t'avais les cheveux longs, plus t'avais l'air fauché, plus t'étais un gars bien. Dès que tu voyais arriver un gars en costard avec les cheveux courts tu cherchais pas à savoir qui c'était, c'était un sale con et un facho. Là évidemment les mentalités ont complètement changé et la musique en est le reflet, forcément. En même temps, les données sociales sont pas les mêmes non plus. Pour nous tout était facile, l'ennemi c'était le flic et un peu aussi les parents, on n'avait pas de problèmes pour trouver un boulot, il n'y avait pas le sida, la crise en général. L'essor de la société de consommation a aussi beaucoup changé les mentalités. Nous à l'époque on fumait un pétard, on roulait en 2CV ça nous suffisait. Maintenant les jeunes veulent avoir une GTI, une GameBoy, une Playstation, tout ça, ça vaut de la thune, ça place l'argent au centre de tout. […] Faudrait que les gamins comprennent que tout ça c'est du business et qu'en fait, c'est les grosses boîtes qui se font du pognon sur leur dos.


Retour à la musique ! Tu pars sur une île déserte et emporte 5 CD, tu prends lesquels ?

Je prends de toute façon un Beatles, peut être le double blanc comme ça j'en aurais deux pour le prix d'un ! Je prendrais peut être un Trenet. Trenet c'est mon père, c'est une certaine époque, une certaine douceur, une certaine vision d'une France révolue qui est douce, nostalgique et que j'aime bien. Je prendrais sûrement un bon vieux disque de blues, lequel je sais pas trop, il y en a des tonnes ! Un Stone peut être aussi, un bon vieux Stone par pure nostalgie. On est souvent attaché à des trucs qu'on a écouté quand on était jeune, c'est comme un album de photos. Quand tu l'écoutes tout te revient et c'est sympa aussi.
Pour finir, un disque de Renaud pour lui faire plaisir !


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