Titre
Nous sommes le Dimanche 30 Avril
Au commencement
Margerin

Frank Margerin voit le jour le 9 janvier 1952 dans le 16ème arrondissement de Paris. Il passe la majeure partie de son enfance dans une HLM de la Porte d’Asnières. Les premières années de sa vie sont plutôt paisibles même si le divorce de ses parents à l’âge de cinq ans le poussera un peu plus à se réfugier dans le dessin. A l’école, il amuse la galerie en caricaturant ses professeurs dans les marges de ses cahiers. Encouragé par son entourage, le jeune Frank prend peu à peu conscience de ses talents d’artistes.
Après la troisième, sur les conseils d’un ami de son père (lui-même artiste peintre), Margerin s’inscrit tout naturellement aux Arts Appliqués … Les cours le passionnent et même si l’ambiance est plutôt à la déconnade , il en sortira diplômé deux ans plus tard. Spécialisé et formé dans le métier de laqueur et dessinateur textile, c’est vers le dessin humoristique que le jeune homme tend à se diriger. La collocation avec ses camarades des « Zarza » dans un pavillon de banlieue le pousse à accepter des petits boulots.
Son dossier de bandes dessinées sous le bras, Margerin se décide à affronter quelques agences de pubs qui trouve son style assez marrant mais ne lui font signer aucun contrat. Ce sera finalement les magazines de charme Lui et Play Boy qui publieront ses premières illustrations (notamment pour illustrer des sujets hyper érotiques comme un article sur la foire au jambon !).




Margerin
Dessin réalisé pour un consours bédé en 1971 à l'âge de 19 ans


Margerin
Dessins parus dans Lui en octobre 1974 (n°129)




Métal Hurlant
Margerin

Un jour, chez Nathan, Margerin croise la route de Jean Pierre Dionnet. Celui-ci lui propose quatre pages dans le magasine Métal Hurlant, magasine bédé spécialisé dans la Science-Fiction. .Même si Margerin aurait préféré Pilote ( !) dont il se se sent plus proche artistiquement, il ne peut se permettre de faire la fine bouche et accepte de relever le défi. Il réalise ses premières véritables planches et se coltine pour la première fois un scénario : ce sera Simon et Léon. Sa participation au magasine durera jusqu’au dernier numéro, courant 1987.
Entre temps, Margerin s’est fait un nom dans le milieu. Il enchaîne les albums et son dessin au trait plein, qui rebutait certains publicitaires à ces débuts, est maintenant à la mode. Ses gros nez sont partout : l’auteur signe des pochettes de disques pour Olivier Lorquin, Nino Ferrer et dessine même la pochette de l’album humanitaire Ethiopie qui cartonne en 1984. Cartes postales, affiche de film (La Smala) papiers à lettre, calendriers et dépliants en tout genre, le dessinateur tient sa revanche !!!



L’homme à la banane
Margerin

Celui qui avait toujours refusé de créer un héros récurrent se laisse pourtant prendre d’affection pour une de ses créatures ... Lucien, rocker rebelle à la banane, s’impose peu à peu au fil des histoires. D’abord grassouillet avec de grosses rouflaquettes, Lucien le voyou s’affinera physiquement et mentalement au fil des années jusqu’à devenir le personnage central des histoires. Accompagné par ses fidèles amis Ricky (inspiré par Frentzel, un ami de l’auteur) et de Gillou (inspiré par son frère), Lucien déserte petit à petit les mobs et les flippers pour tenter de s’insérer dans la vie adulte. A ce titre, l'album Lulu s’maque marquera une nouvelle ère pour le personnage dont les aventures s’étalent maintenant sur tout l’album en une seule et même histoire … Challenge relevé pour le dessinateur qui ne se sentait pas d’écrire des scénarios à ces débuts (même s’il reconnaît ne toujours pas en écrire et improviser au fur et à mesure qu’il dessine !).



Angoulême

En 1993, c’est le grand couronnement à Angoulême : Frank Margerin est enfin reconnu par ses pairs et est élu président du festival. Il passera six mois à préparer l’évènement, entre les décors, mises en scènes et autres cartons d’invitations, dossiers de presses et jeux créés pour l’occasion.
Margerin Les Humanoïdes Associés lui mettent quelques peu la pression pour qu’un nouvel album sorte … Margerin, qui voulait raconter la suite de Lulu s’maque et le voyage de Lucien aux USA, se voit contraint de sortir un vrai faux nouvel album : Lucien le retour. Cet album ne contiendra finalement que très peu d’inédits, la majeure partie des histoires ayant déjà été publiées dans les albums collectifs de la série Frank Margerin présente …



Vu à la télé
Margerin

A la même époque, Jingle, petite boîte française de production de dessins animés, propose à l’auteur de créer une série d’animation avec Lucien. Margerin, pas très friand à l’idée de voir son personnage dénaturé à l’écran, décide de créer un personnage spécialement pour cette série. Ce sera Manu. Nez pointu, houppette et perfecto, Manu est un adolescent turbulent de quatorze ans qui en fait voir de toutes les couleurs à son pote Robert. Les histoires sont plus légères qu’à l’accoutumée et le public visé est sensiblement plus jeune. Margerin s’implique et consacre beaucoup de temps au projet : il donne ses instructions et élabore les story-boards depuis Angoulême … le travail se poursuivant ensuite au Japon, loin de tout contrôle et de toutes rectifications possible.
Parfois un mec arrivait en voiture jaune, Manu s’approche pour lui parler, quand elle repartait elle était rouge !!! , racontera t-il amusé. Le dessin animé tardant à sortir, Margerin publiera trois volumes de Manu, épaulé pour les deux premiers albums par Alteau à l’encre et sa femme aux couleurs.
En 1998, sort Ricky chez les Ricains, l’album tant attendu de Lucien aux USA. Ricky et ses Riverains (from Malakoff) tentent d’imposer leur rock bien franchouillard et de se faire un nom Outre-Atlantique. Lucien retrouve comme promis Suzie même si cet aspect là du scénario n’est pas au centre de l’histoire. L’album regorge de véritables pépites : les gags en arrière-plan sont nombreux et la caricature faite des américains plutôt juste. Pour la première fois, Margerin dit s’être documenté pour coller au mieux à la réalité (même s’il connaissait un peu cette région du monde, son frère habitant San Francisco).

S’en suivra Week-end motards, paru en 2002, racontant les périples de la bande à Ricky (Lucien étant plus ou moins relégué au second plan le temps de cet album) en partance pour les 24 heures du Mans. Margerin, grand fan de moto (il collaborera notamment à un magazine spécialisé en essayant des bécanes) déclarera ne pas être complètement satisfait de cet album, la fin ayant été un peu tronquée faute de temps (le reste de l’album ayant été complété par des histoires qui peuvent sembler anachroniques).



Momo, livreur pressé.

Margerin délaissera quelques temps ses personnages fétiches et créera Momo, livreur au grand cœur plongé dans une réalité bien plus actuelle. Exit le vieux rock ‘n roll et les vieilles mobs, Momo évolue dans un univers ou l’on roule en scooter et où l’on écoute du rap, mais où les personnages ne sont jamais réellement bien méchants. Trois albums seront publiés chez Albin Michel entre 2002 et 2005.

Momo

2008 marque la fin de la collaboration de Margerin chez les Humanos … L'auteur qui avait toujours été fidèle à cette maison, se voit transféré chez Fluide Glacial, qui louchait sur le dessinateur depuis quelques années ... Margerin accepte, ce transfert permettant aux Humanos de renflouer un peu leur caisse en ces temps très difficiles.
Pour sa première contribution chez Fluide Glacial, Margerin frappe un grand coup en faisant réapparaître Lucien, huit ans après ses dernières aventures ... Chose rare en bande-dessinée, le dessinateur a fait vieillir son héros. La banane a blanchi, le ventre a poussé et Lucien s'est pépérisé dans sa petite vie de famille. Deux enfants et une femme folle d'internet, Lucien vend des grattes et donne des cours à des ados ... et tente après quelques rencontres fortuites avec ses anciens camarades de remonter leur groupe de rock et de percer dans un show télé.
L'album vaut son pesant d'or et le nouvel éditeur en profite pour rééditer les premiers albums de Margerin qui s'étale maintenant sur 8 tomes (Toujours la Banane étant le neuvième).
Sur sa nouvelle collaboration avec Fluide, l'auteur annonce vouloir continuer de raconter les aventures du Lucien quinqua et peut être de son fils, un moyen pour Margerin de faire intervenir son propre garçon. Il publie depuis le début de l'année 2009 des histoires courtes dans le magazine Fluide Glacial("Le tri" puis "Opération Gros Nez"),des histoires que l'on retrouve dans l'album "Père et fils" sorti la même année.



"La Bande à Lucien" sort en 2011 et là aussi Margerin renoue avec des histoires plus courtes.Le cousin Nanard revient le temps d'une histoire.

Margerin
Je veux une Harley

Sous-titré "la vie est trop courte", "Je veux une Harley" relate les histoires d'un quinquagénaire qui après avoir eu le droit à sa première colioscopie et quelques frayeurs s'offre sa première Harley. L'album marque une rupture avec la série des Lucien. C'est aussi la première collaboration avec le dessinateur franco-canadien Cuadrado.



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